Une salle de classe respectueuse des erreurs

le droit à l'erreur des élèves

Apprendre de ses erreurs est un processus crucial pour progresser.  (cet article s’adresse davantage à des enseignants de cycle 3, collège et lycée)

“Les erreurs font partie intégrante de l’apprentissage, il faut prendre conscience que les enfants ne peuvent pas développer leur esprit critique s’ils se figent régulièrement par peur de commettre une erreur”. Que ce soit à l’école ou à la maison.

Il est important de sensibiliser les parents et les professionnels de l’éducation à ce fait.

Les erreurs sont primordiales pour apprendre. “Les erreurs sont des sources d’information cruciales qui amènent à une réflexion cognitive, obligeant le cerveau à concilier des informations contradictoires et à élaborer des solutions plus précises et durables”. “Chaque fois qu’un étudiant fait une erreur… il développe une synapse”. 

Céline Alvarez dit sur son site internet : 

Donnons-nous une échelle de grandeur en comparant le cerveau de l’enfant avec le réseau internet mondial. Lorsque deux neurones se connectent, cela s’appelle une synapse. Lorsque deux pages web se connectent, cela s’appelle un hyperlien. Qui a le plus de connexions ? Internet ? L’enfant ? Internet possède évidemment une quantité époustouflante de connexions (100 000 milliards d’hyperliens). Mais tenez-vous bien, le cerveau de l’adulte en possède le triple (300 000 milliards de connexions synaptiques) et l’enfant, lui, est doté de 10 fois plus de connexions qu’Internet : 1 million de milliards de connexions synaptiques. Tout ce qu’il perçoit dans son environnement – absolument tout – crée une connexion.

Le niveau de confiance d’un étudiant lorsqu’il fait une erreur joue un rôle important dans son apprentissage.

Une étude publiée dans The Annual Review of Psychology démontre que lorsque les étudiants sont persuadés que leur réponse est bonne, ils sont mieux préparés à apprendre que s’ils hésitent: “Parce qu’ils sont surpris (voire même honteux) d’avoir commis une erreur sur une réponse qu’ils pensaient fortement correcte, ils peuvent mobiliser toute leur attention pour mieux se souvenir de la bonne réponse”. 

Néanmoins, l’essentiel est de ne pas stigmatiser les erreurs, ni les étudiants qui les commettent. Dans une salle de classe respectueuse des erreurs, les enseignants peuvent utiliser ces dernières comme des occasions d‘évaluer la compréhension des étudiants par rapport au contenu du cours et de soutenir leurs compétences en matière de raisonnement critique.

Il est important pour l’enseignant, qu’il soit professionnel ou parent, de s’engager régulièrement dans une analyse des erreurs commises par les enfants, en réfléchissant sérieusement aux manières dont les élèves sont susceptibles de décrocher de la leçon, afin de créer un environnement dans lequel les erreurs sont accueillies et où l’esprit critique devient une partie intégrante du programme scolaire. 

Dans notre système actuel on traite l’esprit critique d’un enfant comme une qualité rare et on réserve son développement aux étudiants les plus avancés. Si les étudiants ont peur de faire des erreurs, on leur retire l’opportunité de “diriger, innover, et négocier, argumenter les choses qui doivent l’être dans le cadre de leur expérience éducative. 

COMMENT TIRER LE MEILLEUR PARTI DES ERREURS

Anticipez les “bonnes” erreurs et développer la confiance des étudiants:

Intégrer à votre enseignement des opportunités pour les élèves de faire des hypothèses est une bonne pratique, qui suscite des discussions productives et stimule l’apprentissage.

Prévoyez les “bonnes” erreurs, c’est-à-dire les réponses couramment erronées dans un contexte d’apprentissage. En prévoyant la raison pour laquelle un étudiant peut faire une erreur, vous serez mieux préparé pour l’aider à la démanteler et parvenir à une meilleure conclusion. 

Exploitez les bonnes erreurs au fur et à mesure qu’elles arrivent:

 Au lieu de rejeter une mauvaise réponse, essayez de demander à l’élève “Qu’est-ce qui te fais dire ça?”. En explorant le pourquoi du comment, vous pourriez être surpris par une la réflexion astucieuse que l’élève a établie (souvent un raisonnement différent du votre mais intéressant quand même !) ; connexion qui vous permettra de faire d’en faire d’autres par la suite.

Demandez à vos étudiants de créer délibérément des bonnes erreurs: “Lorsqu’on demande aux élèves d’anticiper les erreurs les plus prévisibles qui pourraient être faites lors d’un travail, nous allons bien au-delà de ce niveau inférieur de compétences en matière de passation de test. Au lieu de ça, nous les amenons à penser comme des créateurs de tests, en proposant des options plausibles (mais incorrectes) dans des tests à choix multiples par exemple. 

Essayez de demander à vos étudiants d’imaginer 2 réponses incorrectes mais plausibles pour répondre à une question. Ils proposeront probablement des réponses logiques, ce qui les aidera à relier les idées et à développer leur esprit critique. 

Demandez à vos élèves quelle mauvaise réponse est la plus vraie: *

Il arrive souvent qu’une réponse soit plus juste qu’une autre et qu’il y ait des éléments vrais même dans les réponses incorrectes. Cela crée une occasion de faire ressortir les subtilités.

Proposez à vos élèves deux équations incorrectes, par exemple sur le calcul de l’air d’un cône. Demander quelle erreur est le plus ‘correcte’ aide les apprenants à changer leur façon de se questionner, passant de ‘quoi’ à ‘pourquoi’ et de ‘comment’ à ‘et si’; un changement nécessaire pour fournir aux élèves les outils leur permettant non simplement d’analyser le monde tel qu’il est, mais aussi de l’imaginer tel qu’il devrait être”. 

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