Comment l’autorégulation peut réduire l’anxiété des étudiants 

Autorégulation

Lorsque les élèves se comportent mal, la solution ne réside peut-être pas dans les plans d’accompagnement personnalisé (PAP) ou dans la discipline, mais dans le fait de les aider à comprendre leurs capacités de régulation émotionnelle.

Dans un article Edutopia que nous traduisons se trouve un récit d’expérience : “Il y a quelques années, alors que j’étais conseiller en CM2 à l’école Francis Parker de Louisville, un élève s’est présenté avec un plan d’enseignement individualisé (PEI) comprenant différents diagnostics, allant du trouble oppositionnel avec provocation au trouble disruptif de la dysrégulation de l’humeur. Cet élève était confronté à d’importantes difficultés. Il lui arrivait d’avoir des accès de colère soudains, parfois disproportionnés par rapport à la situation, et il avait du mal à coopérer avec ses camarades lors des activités de groupe. Il avait une façon unique de détourner les sessions de conseil ou parfois de refuser d’y participer.

Un jour, au printemps de cette année scolaire, les élèves de CM2 étaient très enthousiastes à l’idée de participer à un marathon de lecture organisé tout au long de la journée. Cependant, malgré sa passion pour la lecture, cet élève a choisi de ne pas y participer.

Conscient de la puissance de ses émotions, j’ai trouvé un endroit calme pour discuter avec lui de sa réaction. L’élève m’a confié que sa réaction était le résultat d’une crainte qu’il nourrissait basée sur ‘une citation bien connue de Pam Allyn qu’un enseignant avait partagée avec sa classe de CE2 : “Lire, c’est inspirer, et écrire, c’est expirer.”

Cet élève s’inquiétait sincèrement du fait qu’une journée remplie de lecture mais dépourvue d’écriture entraînerait une “asphyxie créative”; une expression que je n’oublierai jamais venant de la bouche et de l’esprit d’un enfant de 10 ans. Au vu de ce qu’il m’a partagé, lui et moi avons convenu qu’il serait autorisé à garder un journal d’écriture tout au long de la journée, pour qu’il puisse expirer lorsqu’il se sentirait “à bout de souffle”. C’était une solution simple et efficace, à laquelle l’élève aurait pu penser de lui-même s’il avait eu les compétences nécessaires pour demander ce dont il avait besoin.

Pendant trop longtemps, je me suis retrouvé à définir cet élève en fonction de son diagnostic. Chaque leçon difficile me convainquait qu’il était intrinsèquement rebelle; chaque accès de colère semblait confirmer sa nature incontrôlable. Cependant, une seule conversation instructive a révélé le cœur du problème : cet élève n’était pas foncièrement provocateur ou perturbateur, mais il manquait plutôt de compétences essentielles en matière d’auto-défense et d’autorégulation. Cette révélation a transformé l’approche de mon équipe. Au cours des années suivantes, nous nous sommes concentrés sur l’amélioration des capacités de fonctionnement exécutif de cet élève. Nous avons organisé des séances hebdomadaires de fonctionnement exécutif avec notre spécialiste de l’aide à l’apprentissage, programmé des contrôles réguliers et récurrents avec le conseiller de notre section, et mis en place une série de leçons consultatives conçues pour développer non seulement sa boîte à outils de fonctionnement exécutif, mais aussi celle de ses camarades de classe. Remarquablement, grâce à ses efforts et au soutien du personnel de l’école, cet élève a fini par se libérer de son PAI. 

OUTILS POUR RESPONSABILISER LES ÉTUDIANTS

Dans l’école dont je suis aujourd’hui le directeur, nous comprenons que les collégiens, avec leur tourbillon d’émotions et leur développement cognitif, ont besoin de plus qu’un simple enseignement : ils ont besoin d’être responsabilisés. Il ne s’agit pas seulement de gérer les réactions immédiates, mais de les équiper d’outils d’autorégulation et d’autodéfense. Bien que le chemin qui mène à l’acquisition de ces compétences ne soit pas simple et exige de la patience, il présente de nombreux avantages à long terme. L’équipe de mon école a commencé à répondre avec empathie et perspicacité pour aider les élèves à exploiter leur potentiel, les préparant aux défis à l’intérieur et à l’extérieur de la salle de classe.

Voici quelques moyens que nous nous efforçons de mettre en œuvre pour y parvenir :

Connaître leurs signaux

Reconnaître les indices personnels, émotionnels et mentaux est le premiers pas vers une autorégulation efficace. Par “indices”, nous entendons les signes ou les signaux spécifiques que chaque individu montre inconsciemment lorsqu’ils sont sur le point de ressentir une émotion ou réaction forte. Ces signaux sont propres à chacun et peuvent aller de symptômes physiques, tels qu’un changement de posture ou une expression faciale, à des indices verbaux, comme un changement de ton ou de rythme d’élocution. En encourageant les étudiants à reconnaître ces signaux, nous posons les bases d’une gestion proactive du comportement. Bien que les cadres structurés tels que les sessions de conseil puissent offrir des exercices de jeu de rôle qui simulent des situations du monde réel, nos positions en tant qu’administrateurs présentent un avantage unique. Les interactions quotidiennes avec les élèves pendant les moments réels de dysrégulation nous donnent la chance de transformer ces rencontres en expériences transformatrices. Plutôt que de passer instinctivement à des mesures disciplinaires, il est de notre responsabilité de changer le cours des choses. En orientant ces situations vers une auto-réflexion guidée, nous pouvons permettre aux élèves d’approfondir la compréhension de leurs déclencheurs personnels et de leurs signes avant-coureurs, ce qui permet d’anticiper une éventuelle dysrégulation.

Utiliser leur “esprit logique” 

Pendant l’adolescence, le cerveau subit une croissance et une transformation significatives, affectant la cognition et la régulation émotionnelle. Familiariser les étudiants avec leurs réponses physiologiques au stress, qu’il s’agisse de “combattre, fuir, se figer ou s’enfuir”, peut être extrêmement bénéfique. En leur permettant de qualifier et de comprendre ces réactions instinctives, nous leur fournissons les outils nécessaires pour intercepter et évaluer consciemment leurs réponses. Une fois qu’un étudiant peut identifier sa réaction instinctive immédiate, il peut la juxtaposer à une réponse plus mesurée. Cette prise de conscience contribue non seulement à promouvoir l’esprit logique lors des pics émotionnels, mais elle ouvre également la voie à une meilleure maîtrise des émotions à long terme.

Cultiver leur boîte à outils de mécanismes d’adaptation

Nous devons adopter une approche personnalisée des mécanismes d’adaptation. Comprendre que chaque étudiant réagit différemment aux facteurs de stress est essentiel pour offrir une large palette de techniques d’adaptation. Alors que certains étudiants considèrent l’activité physique comme un exutoire thérapeutique pour des émotions intenses, d’autres se sentent plus à l’aise avec des pratiques introspectives telles que la tenue d’un journal ou la méditation. Notre objectif n’est pas d’indiquer une méthode spécifique mais de présenter une variété de stratégies, les décrire en détail et ensuite autoriser les étudiants à choisir ce qui se coordonne le mieux avec leur propre tempérament. En règle générale, ces stratégies sont abordées et planifiées lors de moments calmes ou des sessions de conseils définies, car les élèves ne sont pas toujours capables d’une telle introspection lorsqu’ils sont en proie à des états émotionnels exacerbés. 

Assister au changement transformateur

Il y a impact profond d’un changement de perspective sur les problèmes de comportement. Lorsque les étiquettes des diagnostics et des comportements oppositionnels, et que nous nous sommes concentrés sur la capacité innée de cet élève à s’autoréguler, le changement est transformateur. Les élèves ont simplement besoin d’outils pour comprendre, communiquer et gérer leurs émotions. Ils ont commenceront à défendre leurs besoins et à s’exprimer de manière plus constructive. Il s’agit là d’un rappel poignant : Lorsqu’un élève se comporte mal, le véritable remède ne réside-t-il pas dans les plans d’adaptation ou la discipline, mais dans le développement de ses capacités d’autorégulation.

En changeant de paradigme, nous pouvons créer un environnement où chaque élève a la possibilité de s’épanouir.

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