Les écoles en zone urbaine peuvent réaménager certains espaces extérieurs afin d’offrir aux élèves des occasions d’apprendre au-delà de la salle de classe.
Axu Etats-Unis, après l’organisation d’un premier bike bus (convoi à vélo vers l’école) lors du Bike to School Day (Journée “à vélo vers l’école”) en 2022, plusieurs enseignants se sont interrogés sur les possibilités de créer des rues plus sûres, agréables et adaptées aux enfants. Durant l’été 2022, un groupe d’éducateurs a participé à un voyage d’étude à Munich et Rotterdam intitulé Remaking the Street (Refaire la rue), au cours duquel des ateliers ont été menés avec des urbanistes et des designers. Ces échanges ont permis de croiser les connaissances sur le développement de l’enfant et les comportements humains avec les principes de conception urbaine.
Au cours des deux années suivantes, l’école a mis en place plusieurs expérimentations pour réaménager les rues et les places de stationnement, offrant ainsi aux élèves des occasions de s’impliquer dans des apprentissages ludiques en extérieur, tout en s’amusant en sécurité.
Voici ce qui a été réalisé, du plus ambitieux au plus simple : comment cela a fonctionné et comment ces idées peuvent être adaptées dans d’autres communautés scolaires.
1. Réaménager une rue entière
L’option la plus ambitieuse pour créer un espace sûr et agréable consiste à transformer une rue entière en Open Street (rue temporairement fermée à la circulation).
Vous connaissez « La rue aux enfants », l’initiative françaises ?
Les activités possibles dépendent de la taille de l’école, de son emplacement et du profil des élèves.
Dans certains établissements, cet espace est utilisé pour des cours de vélo inspirés du programme CycleKids – Learn to Ride (Apprendre à faire du vélo), permettant aux élèves du CE2 au CM2 de s’exercer dans un environnement sécurisé. Ce type d’aménagement offre une réelle opportunité : dans des villes comme New York, peu d’enfants disposent d’un espace adapté pour apprendre à circuler à vélo, et certains n’auraient peut‑être jamais pu acquérir cette compétence autrement.
Pour créer une Open Street, une demande annuelle doit être déposée auprès de la mairie. Dans certaines municipalités, des financements sont désormais proposés pour soutenir les écoles qui mettent en place ces initiatives. Toutefois, la gestion quotidienne repose souvent sur des bénévoles, chargés d’installer et de retirer les barrières afin de fermer la rue pendant les activités.
Bien que le coût financier soit relativement faible, le temps et les ressources humaines nécessaires restent importants. Des associations locales de sensibilisation ont conçu une School Streets Toolkit (boîte à outils pour les rues scolaires) afin d’aider les établissements dans leurs démarches. Pour obtenir une autorisation d’Open Street, il est conseillé de contacter le service local des transports et, si possible, de collaborer avec un groupe de plaidoyer ou une association de mobilité scolaire pour faciliter la mise en œuvre du projet.
2. Réaménager une partie de la rue
Lorsque le réaménagement d’une rue entière n’est pas envisageable, il est possible d’aménager seulement une portion de la voie. Après une inondation provoquée par un violent orage à la fin de 2023, une école a choisi de verdir sa rue en installant des jardins de pluie autour des fosses d’arbres afin de limiter les effets des inondations liées au changement climatique.
Ce projet a suscité une mobilisation collective : familles, enseignants et membres du quartier ont participé à la construction et à la plantation. Les élèves ont même été impliqués dans le choix des plantes lors d’une sortie scolaire, puis ont contribué à la mise en terre. L’initiative a inspiré d’autres acteurs locaux : l’agent d’entretien de l’église voisine a décidé d’embellir ses propres fosses d’arbres et arrose désormais les pots de fleurs du projet.
Pour mener à bien ce projet, l’équipe s’est appuyée sur des associations locales, des subventions et des financements de l’association de parents et d’enseignants. Aux États‑Unis, une subvention Litter Cleanup de la Sanitation Foundation (fondation dédiée à l’assainissement) a permis de nettoyer et d’entretenir les rues, tandis que des formations écologiques « Super Steward » proposées par le service des parcs et loisirs de la ville de New York) ont offert des outils et des compétences pour l’entretien des fosses d’arbres. Le projet a également bénéficié de compost communautaire gratuit, plus absorbant que la terre classique des jardinières, et d’un mélange de graines de fleurs sauvages spécialement conçu pour les jardins de pluie.
Ce type d’initiative peut être reproduit ailleurs : les écoles peuvent solliciter des donations de matériaux auprès d’entreprises locales ou collaborer avec des associations environnementales, des services municipaux ou des pépinières pour développer des projets similaires à l’échelle de leur quartier.
3. Réaménager une place de parking
Une autre option consiste à transformer une ou plusieurs places de stationnement pour créer un espace plus attrayant et utile aux élèves. Certaines écoles ont choisi d’y installer un parking à vélos et un espace végétalisé : là où une voiture pouvait se garer, il est désormais possible d’accueillir une douzaine de vélos entourés de jardinières verdoyantes.
Pour rendre cela possible, une demande a été déposée auprès du service local des transports afin d’obtenir l’autorisation d’installer le râtelier à vélos. Lorsque l’école dispose de son propre parking, les démarches administratives sont généralement plus simples, mais les coûts restent à sa charge. Dans ce cas, il peut être judicieux de contacter un magasin de vélos, une entreprise locale ou une association de promotion du vélo pour solliciter un don de matériel ou de plantes.
Une fois l’aménagement réalisé, une classe d’élèves et d’enseignants peut être chargée de l’entretien des jardinières afin de maintenir un espace vert vivant et accueillant.
En complément, certaines écoles continuent d’organiser des parcours de bike bus (convois à vélo vers l’école) lors de journées dédiées à la mobilité active, comme le Bike to School Day (Journée à vélo vers l’école). Elles peuvent également créer une Open Street temporaire pour accueillir, après la classe, des cours de vélo Learn to Ride (Apprendre à faire du vélo).
Même si ces initiatives ne résolvent pas tous les défis, comme la chaleur de l’asphalte en été ou le manque d’espaces scolaires permanents, elles permettent aux élèves d’imaginer et de construire un environnement plus sain et durable. En multipliant ces petites actions locales, les écoles contribuent à promouvoir la santé, le bien‑être et la durabilité grâce à des espaces urbains repensés pour les enfants.
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